EDITO JURISPORT | DÉCEMBRE 2021

par Administrateur CDES

Chaque mois le CDES vous propose dans Jurisport l’expression d’un point de vue sur un sujet d’actualité du secteur du sport !

Pour ce numéro, retrouvez Jean-Jacques Gouguet, professeur émérite de l’Université de Limoges.

COP 26 : l'urgence

La 26e conférence des parties signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques qui s’est réunie à Glasgow au mois de novembre a-t-elle vraiment entendu l’avertissement lancé par le 6e rapport d’évaluation du GIEC au mois d’août dernier : il y a urgence absolue à réduire massivement et immédiatement nos émissions de gaz à effet de serre si l’on veut éviter un emballement irréversible du climat.


Le changement climatique est à l’agenda de la recherche scientifique depuis des décennies et il est remarquable de constater qu’après 50 ans environ d’études et de rapports, deux conclusions majeures émergent : toutes les prévisions faites par les experts du climat se sont révélées exactes ; toutes les promesses faites par les politiciens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre n’ont jamais été tenues.
C’est dans un tel contexte que les recommandations du dernier rapport d’évaluation du GIEC prennent tout leur sens : la réduction massive et immédiate de nos rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère implique une révision radicale de nos modes de vie à travers la diminution du PIB mondial. Il existe en effet une incompatibilité totale entre croissance du PIB et réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il va nous falloir choisir et la question fondamentale posée est de savoir comment aménager au mieux cette décroissance du PIB de façon à ce qu’elle soit la moins douloureuse possible pour le plus grand nombre, et ce au nom de la justice climatique.


Le sport n’échappera pas à un tel débat. D’un côté, le spectacle sportif va être victime du réchauffement climatique et de ses multiples conséquences tenant à la santé des athlètes, aux déplacements à grande distance, à la disparition de sites de pratiques ou aux menaces pesant sur de nombreuses infrastructures sportives. Les principaux facteurs de risques concernent les vagues de chaleur, les évènements climatiques extrêmes, le manque de neige, les sécheresses ou les inondations, le relèvement du niveau de la mer. À l’inverse, la pratique sportive pour tous est l’exemple même d’une activité éco-compatible : il est possible de faire autant de sport que l’on veut sans nuire aucunement à l’environnement. On pourrait donc assister dans les années à venir à de nouveaux arbitrages sociaux entre pratique sportive et spectacle sportif. Tout cela va entraîner de profonds bouleversements dans la gouvernance du sport. La neutralité carbone doit être intégrée dans la stratégie des acteurs sportifs avec des engagements précis et planifiés de la réduction de leur empreinte écologique.

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